diff --git a/fr/_posts/2024-11-21-piedDeCroix.html b/fr/_posts/2024-11-21-piedDeCroix.html new file mode 100644 index 00000000..77d8a385 --- /dev/null +++ b/fr/_posts/2024-11-21-piedDeCroix.html @@ -0,0 +1,176 @@ +--- +layout: front_page +title: eCorpus - Pied de Croix de Saint Bertin +image: /static/img/posts/2024_piedDeCroix/Pied_de_croix.jpg +abstract: Analyse du Pied de Croix de Saint Bertin +tags: Explanations Holograms cultural mediation +--- + + + + + +
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Collection du Musée de l'Hotel Sandelin

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Saint-Omer

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+ + Pied de Croix de Saint-Bertin + +

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+ Titre : Pied de croix de Saint-Bertin + Auteur : Atelier mosan +

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+ Date : vers 1180 +

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+ Matériaux : cuivre doré, fondu, ciselé, gravé, émaux champlevés +

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+ Inventaire : 2800 bis +

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+ Copyright : © Musée Sandelin +

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Pied de croix de l'abbaye Saint-Bertin

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+ Un beau jour au XIXe siècle, un objet inconnu arrive dans la vitrine d'un horloger. C'est un joyau jusque-là inconnu, que la ville de Saint-Omer achète en 1838. On le suppose issu de l'autrefois très riche abbaye Saint-Bertin, d'où il réchappa miraculeusement en évitant les fontes révolutionnaires. +

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+ Ce pied, réalisé vers 1170-1180, était, comme son nom l'indique, destiné à supporter une grande croix que l'on disposait sur l'autel. Réalisé en cuivre doré et émail champlevé, il propose à la fois des sculptures très expressives et des scènes colorées rappelant les enluminures de l'époque. +

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+ Les analyses du C2RMF réalisées à Paris en 2023 donne une vision de l'assemblage de cet objet précieux et permet de mieux comprendre son assemblage. +

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+ Sa base hémisphérique (dôme) est ornée sur son pourtour d'une frise ajourée de motifs végétaux, sur laquelle sont assis les quatre évangélistes, supports au pied de croix. Leurs symboles les surplombent, à la jonction entre la base et le pilier carré. Du chapiteau qui couronne le tout, naissent quatre figures symbolisant les éléments. Mais ce sont surtout les huit scènes émaillées qui reprennent des passages de l'Ancien Testament dont la vivacité du coloris ressort du fond doré. +

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+ L’assemblage des différents éléments du pied de croix est presque invisible, contribuant à l’impression de tour de force qu’il dégage. Les évangélistes s’insèrent par une encoche sur la frise qui entoure le dôme et y sont vissés. La base du pilier, fondue avec les symboles, est fixée par des rivets, visibles sur la face interne du dôme. Le pilier lui-même est constitué d’une âme en bois (pilier interne), sur laquelle sont fixées par des clous les barrettes perlées verticales des angles et les plaques émaillées. Enfin, le chapiteau est formé de trois pièces emboîtées et rivetées : base associée aux bustes ; corbeille ajourée et feuilles d’angle ; tailloir au sommet. Sous le dôme un contrepoids assure la stabilité du pied. +

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+ Le Pied-de-Croix de Saint-Bertin est le plus important des chefs-d’œuvre de la collection du musée Sandelin. Réalisé vers 1180, probablement dans un atelier d’orfèvrerie situé au sein même de la puissante abbaye de Saint-Bertin, ce curieux objet servait de base à une croix de grande dimension, extrêmement précieuse, posée sur l’autel de l’église. La magie de cette œuvre tient dans la finesse des détails et le naturalisme des corps des personnages réalisés en cuivre, presque comme des sculptures indépendantes, ainsi qu’à la luminosité et aux nuances de couleurs des émaux. Ainsi, l’objet fait-il la synthèse de la perfection assumée dans les arts du volume autant que dans les arts de la couleur à une période charnière du Moyen Âge que l’on nomme parfois la « Renaissance du 12e siècle ». +

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+ France 1940 +
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Les quatre statuettes en trois dimensions (ronde bosse) des évangélistes servent de support au pied de croix. Ils rédigent le passage de leurs évangiles rapportant la mort du Christ. Luc, courbé sur son pupitre, écrit la phrase « En disant cela, il expira ». Sur le pupitre de Matthieu, tourné vers son symbole qu’est l’ange, est écrit « Poussant un grand cri, il rendit l’esprit ». Sur celui de Marc, en pleine méditation, apparaît « Je remets mon esprit entre tes mains ». Jean, qui se retourne vivement et lève la tête, a perdu son pupitre, qui portait logiquement « et la tête penchée, il rendit l’âme ».

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Les douze merveilleuses statuettes en ronde bosse, c’est-à-dire en trois dimensions (les quatre évangélistes et leurs symboles, les quatre allégories du chapiteau), sont réalisées selon la technique de la fonte à la cire perdue. Ce procédé de moulage permet d’obtenir une sculpture en métal à partir d'un modèle en terre recouvert de cire. Celui-ci est enveloppé dans un moule en matériau réfractaire (dire, en céramique aux propriétés réfractaires ?) appelé « moule de potée ». La cire fond par chauffage, puis est remplacée par le métal en fusion au sein du moule, qui est ensuite cassé. Cette technique permet d’obtenir des pièces très complexes avec une grande précision dans les détails, qui sont encore retravaillés après démoulage. + +

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Chaque évangéliste est associé à son symbole, placé au-dessus de lui à la jonction du dôme et du fût : l’aigle pour Jean, le lion pour Marc, le taureau pour Luc et l’ange pour Matthieu. Ces figures émanent de la vision de la gloire de Dieu dans le livre du prophète Ézéchiel, dans lequel ils forment les « quatre vivants » ou tétramorphe, également présents dans l’Apocalypse de Jean. Les Pères de l’Église ont appliqué ces symboles aux Évangélistes, qu’ils accompagnent ou auxquels ils se substituent.

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Les scènes du dôme et du fût sont constituées d’émaux sur cuivre champlevé. Cette technique donnant de la brillance et des couleurs d’une grande vivacité consiste à creuser dans une plaque métallique des alvéoles, ou « champs », et à y placer la poudre d’émail qui, en chauffant, se solidarise avec le métal en vitrifiant. Les parties de métal épargnées forment les cloisons. Sur le pied de croix, les figures émaillées se détachent sur un fond doré lisse. Les émaux présentent une riche palette colorée, avec des associations de couleurs très vives (jaune-vert, bleu-blanc) et des effets chatoyants.

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